Tirant profit des discussions menées par les élèves-avocats, le SAF fait le constat d’un malaise ressenti dans les écoles sur le contenu de la formation, les méthodes pédagogiques et le
statut qui est réservé aux élèves.
Convaincu que le temps de l’école doit être un temps d’acquisition d’une culture commune, le SAF considère que ce malaise pourrait être dépassé par une implication plus marquée de la
profession dans la volonté de transmettre la passion d’un métier.
La disparité des enseignements dispensés par les différentes écoles commande la poursuite de la réflexion sur ce sujet.
En tout état de cause, il est nécessaire d’associer les élèves, notamment au sein des conseils d’administration et conseils de la pédagogie, aux décisions prises sur la formation.
À l’instar de l’avancée obtenue par la Section SAF de l’EFB à Paris, les élèves-avocats rappellent leur droit de participer à toutes les décisions adoptées lors des conseils d’administration,
y compris financières.
Le SAF exige l’application de ces règles dans toutes les écoles afin de mettre un terme à un fonctionnement opaque.
En effet, les élèves-avocats refusent de demeurer dans l’infantilisation dans laquelle le fonctionnement actuel des écoles les plonge.
La voie répressive adoptée face au constat de l’absentéisme s’éloigne d’une réflexion sur les véritables causes de ce problème.
L’illusion d’un rôle de spécialisation des écoles du barreau, l’inadaptation des méthodes de l’enseignement, notamment de la déontologie (e-learning), conduisent les élèves à un désintérêt
pour les cours proposés.
Au surplus, des difficultés matérielles ressortent de l’absence de statut ouvert aux élèves-avocats, aussi bien au cours des périodes de stages que lors des enseignements fondamentaux, du
montant élevé des droits d'inscription, difficultés accrues par les frais induis par la régionalisation des centres (déplacement et double loyer)...
Cette situation découle du refus de la profession de s’interroger sur la démocratisation de l’accès au métier d’avocat ce qui opère de fait une sélection par l’argent.
Le SAF constate l’indigence des bourses allouées par le CNB. Il rappelle que le cumul d’une bourse et de l’indemnité de stage ne permet pas d’atteindre le seuil de pauvreté (950 euros par
mois) !
Il exige une augmentation substantielle du montant des bourses, un assouplissement de leurs critères d’octroi et la diminution du montant des droits d'inscription.
Réduire le volume des enseignements théoriques et les recentrer sur un tronc commun dégagerait les fonds nécessaires à une amélioration de la situation financière des élèves.
En ce sens, le SAF est favorable au projet de contrat de professionnalisation applicable aux élèves-avocats.
Les élèves-avocats du SAF appellent au soutien de ces revendications au sein de toutes les écoles d’avocats de France.
De ces luttes dépend l’enthousiasme des élèves avocats à embrasser la profession telle que le SAF la défend.
PAR CES MOTIFS
Vu la spécificité du métier d’avocat ;
Vu son rôle social essentiel ;
Vu l’importance de la formation des élèves avocats dans l’acquisition de cette culture commune ;
Les élèves avocats du SAF présentent les susdites revendications et appellent les avocats à les soutenir.
Ils rappellent également que la formation ne se réduit pas à un formatage et doit être le temps de la transmission d’un amour du métier.
ET CE SERA JUSTICE !